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    -Bonjour Ophélie ! Pourquoi tu m'appelles ? Répondit joyeusement Curtis peu après que son téléphone portable s'est mis à sonner sur son bureau. 

    -Salut Curtis... Je.. Je sais pas trop comment dire en fait ... Lui avoua-t-elle dans un bredouillement honteux, mais triste.

    -Qu'est-ce qui se passe ? Tu ne sembles pas être dans ton assiette... 

    -Je vais devoir annuler pour mercredi. Soupira la jeune femme sans cacher son chagrin. La nièce de beau-frère a été agressée et... C'est une très bonne amie, et je n'ai pas la tête à sortir... Et puis... 

    -Il faut que tu sois là pour elle, je comprends, ne t'en fais pas. Compléta-t-il, compréhensif. Elle a besoin de toi, alors sois là pour elle. Notre soirée attendra, il n'y a pas de soucis. 

    -Merci Curtis. 

    -Il n'y a pas de quoi. 

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    Courir. Courir dans les longs couloirs froids de l'hôpital.

    Le coeur battant, le coeur serré, la peur au ventre, Lizzie ignorait les rappels à l'ordre de sa mère qui avait accepté de l'emmener ici. Plus rien n'avait d'importance et ses pensées étaient obnubilées par sa meilleure amie, malheureuse victime du Chasseur. L'adolescente n'avait pas la moindre idée de l'état d'Emma, mais elle se doutait que cette vision serait terriblement douloureuse. Et rien que la savoir ici la faisait souffrir, se demandant sans cesse comment quelqu'un pouvait faire autant de mal et en tirer une quelconque satisfaction. 

     

     

     

     


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    Les larmes coulaient sur ses joues, alors qu'elle ne l'avait même pas encore vu. Son coeur se serrait de plus en plus, sachant qu'elle se rapprochait de la chambre de son amie à chaque nouveau pas. 

    Elle savait que l'agression de son amie était vraie, elle en avait parfaitement conscience et pourquoi, Lizzie gardait un infime espoir qu'elle était en plein cauchemar. Elle espérait qu'elle se réveillerait avant d'ouvrir la porte blanche et de voir le visage de sa meilleure amie. Elle priait que tout cela ne soit qu'illusion, un horrible songe dont elle serait bientôt débarrassée. Elle avait du mal à croire qu'une personne proche d'elle soit une victime malheureuse, c'était trop gros pour être vrai à ses yeux. Ces histoires n'arrivaient qu'à des inconnus, mais pas à des personnes de l'entourage... 

     

     


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    Sauf que cette fois-ci, l'inconnue n'en était pas une, et lorsque l'adolescente ouvrit la porte de la chambre d'hôpital, c'était bien sa meilleure amie qu'elle vit assise sur le lit. 

    Elle se figea aussitôt sur place, incapable de faire le moindre geste, de prononcer le moindre mot. Elle resta là, devant la porte, à fixer Emma qui n'avait même pas réagi à son arrivée. Et Lizzie ne remarqua même pas cette absence de réaction. 

    Le temps s'était comme arrêté, ou tout du moins ralenti. La brunette réalisait peu à peu que son cauchemar était réel, que rien n'était illusion et que tout était réalité. La cruauté du monde s'imposait brutalement à elle et lui déchirait violemment le coeur. 

    Et le pire dans cela, c'était qu'elle se réalisait complètement impuissante. Elle s'était précipitée ici pour apporter son aide, soutenir comme il se devait sa meilleure amie. Mais elle se trouva brusquement dans une impasse, ne réussissant pas à rassembler ses pensées et à réfléchir à comment s'y prendre. En la voyant, elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'elle serait bien incapable de l'aider, incapable d'effacer l'horreur qu'elle a vécu. Incapable de lui prouver qu'elle pouvait continuer à vivre et à passer à autre chose. 

    Elle était là, devant la porte, comme une idiote qui n'avait rien à faire en ces lieux. 

     

     


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    Et cela lui fit mal, de réaliser que sa pathétique tentative d'être présente ne servirait à rien. Que malgré les efforts qu'elle pourrait faire, jamais elle ne serait capable de l'aider. Constater l'état de sa meilleure amie la dévastait et lui faisait perdre toute confiance en ses capacités, et elle fut incapable de se ressaisir. Elle faisait blocage, ne pouvant pas chasser les idées négatives qui s'emparaient d'elle. 

    Plus elle observait sa meilleure amie, plus elle s'enfonçait dans son mal aise... 

     


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    Elle tenta alors de regarder autre part, et remarqua enfin la présence d'une autre personne dans la pièce, assise à côté du lit de la victime du Chasseur. Lizzie n'eut aucun mal à la reconnaitre, l'ayant déjà vu plusieurs fois en allant voir Emma. Katryn la regarda avec compassion, mais ne prononçait pas le moindre mot non plus. L'adolescente pouvait deviner sans peine le chagrin de la jeune femme pour qui la situation devait être pire. Pour cette femme, ce n'était pas une amie qui s'était faite agressée, mais un membre de sa famille. Par alliance certes, mais elle faisait tout de même partie de sa famille. Cela la touchait encore plus, et pourtant, elle était parfaitement capable de se tenir auprès d'Emma, de lui tenir la main et de prononcer des paroles réconfortantes. 

    Pas comme elle, pauvre amie inutile qui restait plantée devant la porte comme une idiote... 

     

     


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