• 178

    178

    Après une bonne demie-heure de marche, Carson se rendit compte qu'il se dirigeait directement vers l'agence matrimoniale. Il le réalisa complètement lorsqu'il vit les murs de la bâtisse se tenir fièrement devant lui. Sans réfléchir davantage, il emprunta la petite allée pour se rendre à l'entrée de l'agence. Il se fichait de son allure négligé, de son vieux pantalon noir un peu trop grand et de son tee-shirt délavé. Il ne se posait aucune question. Sinon, il savait très bien qu'il allait faire aussitôt demi-tour. Chose qui n'était pas envisageable s'il n'avait pas envie de décevoir sa soeur. 

    Mais voilà, il finit par détourner le regard de son objectif, ayant eu la malheureuse idée d'observer le parc autour de lui. 




    votre commentaire
  • 179

    179

    Et soudainement, il se stoppa dans son avancé. Il observa le paysage. Son coeur se serra aussitôt. Revenir dans ce lieu dans lequel il n'avait plus mis les pieds depuis un moment déjà lui fit tout drôle. Il aurait pu penser que les souvenirs se seraient effacés avec le temps, que remettre les pieds ici ne lui ferait aucun mal.

    Mais il avait tort. 

    Ses souvenirs étaient toujours là, aussi intacts que le premier jour. Ils étaient restés cachés dans un coin de sa tête, et n'attendaient que le moment propice pour refaire surface et le faire souffrir un peu plus. Comme si sa vie n'était pas déjà suffisamment insupportable comme cela, il fallait qu'ils viennent le hanter à la moindre occasion. 



    votre commentaire
  • 180

    180

    Quelques larmes commencèrent à couler sur ses joues. Il avait beau essayer de lutter contre ses sentiments, contre sa douleur, il était incapable de prendre sur lui, de faire un effort pour rester de marbre face à ce lieu où il y a passé de longues journées de printemps et d'été. Ses souvenirs étaient plus forts que lui. Sa souffrance les accentuait au fil des secondes. Il oubliait le présent, la raison de sa venue dans ce parc, et il repartit aussitôt dans un passé pas si lointain que cela. Un passé qui le hante chaque jour en prenant un malin plaisir à le malmener afin de le pousser un peu plus à bout chaque jour. 

     

     


    votre commentaire
  • 181

    181

    Il se souvenait de ces belles journées qu'il passait avec elle. Ils ne faisaient jamais rien d'extraordinaire. Le plus souvent, ils restaient assis dans l'herbe à regarder les nuages à échanger quelques paroles de temps en temps. Il était même arrivé plusieurs fois qu'ils ne dirent aucun mot durant une journée entière, se contentant de rester l'un à côté de l'autre et à observer l'immense ciel bleu. Ni lui, ni elle avaient la volonté de rendre leur journée exceptionnelle, désirant profiter de la simplicité de la vie.

    Les jours où ils étaient plus motivés à bouger, ils se contentaient de marcher dans le parc. Ils tournaient en rond, ils devaient ressembler à deux imbéciles qui n'avaient rien à faire de leur journée, mais tous deux s'en fichaient. Les gens pouvaient bien dire et penser ce qu'ils voulaient, ils étaient tous le cadet de leurs soucis. 

    Par moment, ils se taquinaient, plaisantaient joyeusement. Ils ressemblaient davantage à des amis d'enfance qu'à un couple d'amoureux. Carson riait des vêtements informes et aux antipodes de la tenue de soirée qu'elle portait à leur rencontre. Eleonore se moquait de son mauvais caractère, de se quelques désagréables préjugés mais aussi de sa légère et touchante timidité. 

     



    votre commentaire
  • 182

    182

    Elle était vêtue, coiffée et maquillée le plus simplement qui soi, sans vraiment chercher à se mettre en valeur, mais Carson la trouvait magnifique telle qu'elle était, autant que le soir où il l'a rencontré. Elle n'avait pas besoin d'artifice pour être belle. Son doux visage qui rayonnait lorsqu'elle souriait, ses yeux noisette qui pétillaient lorsqu'elle était heureuse suffisait à la rendre splendide. Il ignorait ses tenues immondes et sa coiffure digne d'une jeune fille. Cela ne comptait pas pour lui. Eleonore était la plus belle femme à ses yeux, et rien ni personne ne pouvait le faire changer d'avis. Il était fou amoureux d'elle, d'Eleonore toute entière.

     Elle était unique, elle était simplement Eleonore McGuire, et c'était pour cela qu'il l'aimait. Elle était elle-même. 

     

     


    votre commentaire