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    Il n'obtint aucune réaction de la part de son ami et se leva tout en laissant échapper un soupir de lassitude. Il se dirigea vers la salle de bain sans prononcer le moindre mot, espérant naïvement que Carson lui dirait quelque chose. Tout, n'importe quoi... Il s'en fichait, mais qu'il dise quelque chose. 

    Il stoppa son avancé au niveau de la porte et se tourna pour observer son ami, toujours sagement assis sur son canapé. Il l'ignorait, tout bêtement et simplement, comme s'il se fichait de sa personne. Cela faisait longtemps qu'il ne demandait plus de nouvelles de son meilleur ami, qu'il ne lui demandait plus comment il allait. Dans ses meilleurs jours, il participait plus activement aux conversations, sortait même avec lui. Mais le plus souvent, il restait enfermé dans son mutisme, faisant comme s'il n'était pas là. 

    Le moyen le plus efficace au monde pour montrer sa rancoeur, sa colère et surtout, son mépris. Et de cela, Ryan en avait bien conscience. 

     

     


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    Oui, Ryan Torwell était loin d'être idiot. Il savait bien que son meilleur ami le détestait, et qu'il ne faisait absolument rien pour sauver leur amitié, et que jamais il ne voudrait faire le moindre effort. Il le lui avait dit une fois, lorsque Ryan avait eu le malheur de venir s'excuser pile au mauvais moment. Carson lui avait balancé sa haine en le regardant droit dans les yeux, sans la moindre hésitation et avec une honnêteté affreusement blessante. 

    Mais ceci n'a pas empêché, et n'empêchera pas Ryan de tout faire pour récupérer l'amitié de son meilleur ami. Il mettait sa fierté, son honneur de côté pour supporter le mauvais caractère de Carson ainsi que ses sautes d'humeur. Il savait que s'il faisait, ne serait-ce qu'une toute petite réflexion, son ami n'hésiterait pas une seconde à le rayer définitivement de sa vie. Chose que Ryan ne pourrait supporter. Il avait passé toute son enfance, son adolescence avec lui, et il était hors de question qu'il le perde un jour. Ce serait comme perdre une partie de lui. 

    -J'espère qu'un jour, tu sauras me pardonner. Soupira-t-il avant d'aller dans la salle de bain, préférant ne pas savoir si Carson l'avait entendu ou non. 

     

     


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    Le lundi suivant, deux jeunes étudiants se retrouvèrent dans la salle de théâtre de leur université, actuellement totalement vide, afin de répéter ensemble leur rôle respectif d'une célèbre tragédie. Ils ne tardèrent pas à monter sur la scène et la jeune fille ne tarda pas à s'éloigner de son ami, impressionnée par le décor qu'elle jugeait immense, mais aussi terriblement gênée de se retrouver en tête à tête avec le garçon qui lui plait. 

    -Tout va bien Ophélie ? Lui demanda d'ailleurs Curtis, intrigué par l'attitude de son amie. 

     

     


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    -Oui oui ! Affirma-t-elle en réponse. C'est juste que je suis un peu impressionnée par le décor, c'est tout. Je suis toujours venue ici en tant que spectatrice, mais je ne suis jamais montée sur la scène. 

    -Ce n'est rien encore là, imagine quand il y aura tous les sièges d'installés ! Lui dit-il amicalement. Mais tu auras le temps de t'y faire d'ici là, ne t'en fais pas. 

    -J'espère ... Je dois t'avouer que cela me fait un peu peur tout ça... Je crains de ne pas être à la hauteur... L'un des rôles principaux, ce n'est pas rien tout de même... 

    -Tu feras une excellente Juliet, j'en suis certain ! Shakespeare ne pouvait pas rêver mieux comme Juliet ! Ne tarda-t-il pas à la rassurer avec son éternelle gentillesse et sincérité. Il en était convaincu, Ophélie allait émerveiller le public au moment de la représentation, il n'en pouvait être autrement ! -Et puis, on répétera beaucoup, donc il n'y a aucune raison pour que cela se passe mal, t'inquiète.

     

     


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    -C'est gentil ! Lui répondit Ophélie en se retournant. En parlant de répétition, on travaille quoi aujourd'hui ? 

    -J'ai pensé à la scène 5 de l'Acte I si tu veux. Proposa alors Curtis, en se retenant d'afficher un sourire en coin lorsqu'il vit le visage de son amie afficher une moue embarrassée, car il s'agissait de la scène où Roméo rencontre Juliet et où ils échangent deux baisers durant leur brève conversation. 

    -Euuh, tu es sûr ? Tu veux pas en faire une autre plutôt ? Bredouilla-t-elle, terriblement gênée par cette proposition. Si elle pouvait échapper à cette scène le plus longtemps possible, cela l'arrangerait, elle doit bien se l'avouer. 

    -Certain. Tu as pas mal ... ramé sur celle-ci ce matin pendant le cours. Lui rappela-t-il, évoquant les gestes nerveux de recul lorsqu'il s'est approché d'elle durant la répétition. Une attitude qui a d'ailleurs énervé leur professeur d'arts dramatiques qui n'était pas connu pour sa patience, et enfoncée Ophélie dans son embarras. -Nous sommes rien que tous les deux, autant en profiter pour que tu puisses te sentir plus à l'aise et sans te faire aboyer dessus par l'autre idiot de prof. 

     

     


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