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    -Je ... Je comprends... Mais je ... Mais je ... Bafouilla la demoiselle, ne sachant pas comment ordonner ses idées pour protester contre ce choix et éviter à tout prix de répéter cette scène. 

    -Je ne vais pas te manger, ne t'en fais pas. La rassura-t-il tout en commençant à s'avancer dans sa direction. Une fois à sa hauteur, tout en gardant une distance raisonnable entre eux, il lui prend doucement la main conformément aux didascalies. -Si j'ai profané avec mon indigne main cette châsse sacrée, je suis prêt à une douce pénitence : permettez à mes lèvres, comme à deux pélerins rougissants, d'effacer ce grossier attouchement par un tendre baiser.* Commença-t-il à jouer tout en affichant un sourire amusé en voyant les joues rosies de son interlocutrice. 

     

     

     

     

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    Roméo et Juliette, W.Shakespeare. 


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    Un blanc s'installa entre eux où la jeune fille essayait de remettre ses idées en place. Elle n'avait pas vraiment envie de répéter cette scène, car celle-ci la gênait terriblement. Elle n'a jamais été réellement à l'aise avec la gent masculine et devoir échanger quelques baisers avec l'homme qui lui plaisait l'embarrassait du plus haut point... Un fait que ne comprenait pas une de ses amies, celle-ci jugeant qu'elle devrait, au contraire, en profiter. Ophélie n'a su lui répondre qu'un simple soupir, tout en marmonnant que ces baisers n'étaient que le fruit d'un jeu théâtral et non la réalité. 

    Néanmoins, elle comprit aisément que Curtis ne lâcherait pas l'affaire lorsqu'il répéta une seconde fois son texte pour la motiver à lui répondre. Ophélie soupira avant de se décider à entrer dans la peau de son personnage à contre-coeur. 

    -Bon pélerin, vous êtes trop sévère pour votre main qui n'a fait preuve en ceci que d'une respectueuse dévotion. Les saintes mêmes ont des mains que peuvent toucher les mains des pélerins ; et cette étreinte est un pieux baiser.

    -Les saintes n'ont-elles pas des lèvres, et les pélerins aussi ?*

     

     

     

     

     

     

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    -Oui, pélerin, des lèvres vouées à la prières. Souffla alors Ophélie, troublée par le rapprochement du jeune homme qui venait de la prendre par la taille. Elle voyait bien qu'il se permettait quelques libertés, et cela gênait énormément. Elle ignorait comment elle devait réagir et elle essaya de rester concentrée sur son rôle. 

    -Oh ! Alors, chère sainte, que les lèvres fassent ce que font les mains. Elles te prient ; exauce-les, de peur que leur foi ne se change en désespoir. 

    -Les saintes restent immobiles, tout en exauçant les prières.* Dit-elle alors, de plus en plus mal à l'aise, sachant très bien que le moment du baiser était plus qu'imminent et cela la terrifiait. 

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Curtis marqua une pause, où il prit le visage de la jeune fille entre ses mains. Gênée par leur proximité, Ophélie ne pouvait s'empêcher de rougir. Son coeur s'affolait dans sa poitrine, et elle était complètement tétanisée. Elle ferma les yeux, priant que ce moment pénible, car joué, se termine rapidement afin de passer à autre chose. 

    -Restez donc immobile, tandis que je recueillerai l'effet de ma prière.* Murmura alors le jeune homme, nullement perturbé par l'attitude de sa jolie rouquine, gardant son amusement soigneusement caché au fond de lui-même. 

    Il devait jouer le jeu jusqu'au bout, afin qu'elle ne se doute d'absolument rien. 

     

     

     

     

     

     

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    Dès ces quelques mots prononcés, Curtis posa alors ses lèvres sur celles de sa Juliet, conformément au texte de Shakespeare. La demoiselle ne savait absolument pas comment réagir, plus que perturbée par ce baiser.

    Un baiser totalement faux, sans aucune signification particulière, mais qui la chamboulait plus que de raison. Elle devait rester neutre face à ce simple échange purement joué, mais il s'avérait qu'elle en était incapable. Elle avait beau se répéter qu'il ne s'agissait que de Roméo qui embrassait Juliet, et non pas de Curtis qui l'embrassait elle, Ophélie avait, en cet instant, un mal fou à faire la différence.  

     

     


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