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    Et son état ne s'améliorait au fil des jours, laissant doucement mais sûrement son allure se dégrader. Elle n'avait plus goût à rien, son existence semblant tellement fade qu'elle n'y voyait plus aucun intérêt. Depuis sa sortie, elle n'avait remis les pieds au lycée qu'une seule fois, sans y retourner depuis. Elle ne supportait pas les regards plein de pitié et de fausse compassion des autres élèves. Tout le monde était au courant de son malheur, et il était impossible pour elle de tenter de reprendre une vie normale. Tout dans cette ville lui rappelait son agression, véritable extension de sa chambre d'hôpital, et il était stupide d'imaginer qu'elle pourrait reprendre le cours de son existence comme si de rien n'était. 

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    Le pire dans tout cela, c'était qu'elle n'avait même pas vu Lizzie durant sa seule journée au lycée. Enfin, pas en face à face, l'adolescente faisant soigneusement attention à l'éviter. Un fait qui blessait terriblement Emma, et augmentait sa colère vis à vis de cette fille qui se disait être sa meilleure amie. Alaric ne s'était guère montré plus brillant. Il était terriblement embarrassé quant à son rôle à jouer, ne sachant pas comment agir envers elle. Il ignorait s'il devait se montrer compatissant, ou si, au contraire, faire comme s'il ne s'était rien passé. Les peu de moments qu'elle avait passé avec lui, il avait fait preuve d'une très grande maladresse. De ce fait, entre cela et l'absence de la jeune Meyers, Emma se sentait terriblement seule dans cette épreuve qu'elle subissait, réalisant peu à peu qu'elle ne pouvait absolument pas compter sur ses amis. 

     

     


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    Néanmoins, lorsqu'elle allait se réfugier dans la chambre du future bébé de son oncle pour céder tranquillement à une nouvelle crise de larmes, Ophélie venait la rejoindre pour tenter de la réconforter. La rouquine n'avait jamais aucun mal à la trouver, cette pièce étant la seule qui n'était que très peu utiliser pour le moment. Ainsi, cette chambre se révélait être la cachette idéale, et lorsqu'elle ne voyait plus son amie dans le salon ou dans sa chambre, Ophélie allait directement ici.  Cette dernière l'écoutait avec patience, et ne bronchait pas, et ne prenait la défense de personne. Dans ces cas-là, Emma parlait davantage de sa meilleure amie, et de sa déception, que de son agression. Mais Ophélie se contentait de l'écouter, ne confirmant pas ses dires, et ne les démentant pas non plus. Après tout, elle ne connaissait pas cette fameuse Lizzie, et n'avait donc aucun droit de la juger avec le peu d'éléments qu'elle possédait.

     

     


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    Mais, absence de jugement ne veut pas dire qu'il ne lui arrivait pas de donner son avis, de temps à autre, au contraire. Cependant, son opinion ne servait évidemment pas à défendre ou à enfoncer davantage la jeune Meyers. Au travers de ses paroles, Ophélie cherchait juste à la réconforter et à lui redonner confiance en elle. Que malgré son agression, elle était encore maîtresse de sa vie, et que ce n'était certainement pas les autres qui allaient lui dire comment elle devait la gérer, la mener. Emma était toujours touchée et reconnaissante de son soutien, Ophélie se révélant être l'unique épaule sur laquelle pleurer qu'elle possédait. La seule qui était là pour elle, peu importe le temps qu'il fallait employer pour cela.

    Les deux jeunes filles discutaient longuement, à chaque crise de l'adolescente. Comme un soir où Emma déprimait sur ce qu'était devenue sa vie, Ophélie lui a affirmé qu'elle était forte, qu'elle irait certainement mieux un jour, étant parfaitement capable de reprendre sa vie en main, et qu'elle l'admirait pour cela.

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    Puis, à la surprise et inquiétude d'Emma bien qu'Ophélie cherchait seulement à lui démontrer qu'elle était courageuse, elle lui a avoué que si elle était à sa place, elle n'était pas certaine de parvenir à supporter une terrible épreuve de ce type...  

     

     


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    De son côté, Lizzie était bien loin des préoccupations de sa meilleure amie. Son humeur à elle s'améliorait de jour en jour, oubliant peu à peu la maladie de son père. Et pour cause, elle avait trouvé le moyen de sortir un peu de son quotidien et de ses habitudes. Son univers tout entier lui rappelait le drame qui touchait sa famille, et cela lui devenait insupportable. Alors, pour remédier à cela, elle avait retrouvé l'adresse de l'appartement des trois étudiants que lui avait donné Alicia, et elle s'y était rendue pour faire plus connaissance avec eux.  

     

     


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    Ils ne savaient rien sur sa famille, et cela lui faisait du bien. Ils l'avaient accueilli chez eux avec plaisir, leur bonne humeur était communicative et les chamailleries entre Keith et l'unique femme de l'appartement la faisait bien rire. Elle s'intéressait aussi beaucoup aux études de Curtis qu'elle jugeait passionnantes, bien qu'elle pensait que cela était dû surtout à la manière d'expliquer du jeune homme. 

    Depuis sa première visite où elle était très intimidée du fait de sa venue imprévue, l'adolescente revenait régulièrement dans cet appartement où bonne humeur et joie de vivre était les maîtres mots. Elle ne voyait jamais le temps passer avec eux, et elle avait l'agréable sensation de quitter sa vie habituelle si monotone et triste pendant ces quelques heures. 

     

     


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