• 413

     

    Dans la salle d'attente de son gynécologue, Katryn Meteyer eu bien du mal à contenir son exitation et sa nervosité. Elle observait les autres femmes enceintes, accompagnées ou non du père de leur enfant, qui semblaient bien plus à l'aise qu'elle. Jared lui prit la main pour tenter de la calmer, mais cela n'eut que peu d'effet sur son état. Il ne fit pas de remarquer, mais afficha tout de même un sourire amusé. 

    -Tu sais, j'aurais pu te la faire moi-même ta première écho. On aurait pu éviter le calvaire de la salle d'attente... Lui répéta-t-il pour la énième fois depuis qu'elle avait pris rendez-vous. Et comme à chaque fois, elle lui répondit la même chose. 

    -Non. Ne le prends pas mal, mais je veux un vrai spécialiste... Et le père de mon bébé à mes côtés, pas un médecin. Et rassure toi, le docteur Taylor est très gentil et très professionnel ! Ajouta-t-elle avec amusement, sachant pertinemment que son époux aurait préféré que ce soit une femme, et non un homme, qui s'occupe d'elle.

    Jared ne répondit rien, se contenta de bougonner quelque chose d'incompréhensible. La porte s'ouvrit sur un homme d'une quarentaine d'années, et Katryn se leva et sortit de la pièce, suivit de son époux.

    Quand l'échographie débuta, Katryn serrait la main de son mari, un peu stressée de voir son futur bébé dans un tout petit écran. Le docteur Taylor leur sourit, et tenta de rassurer la future mère. Lorsqu'il leur montra où se trouvait l'embryon, des larmes d'émotion montaient aux yeux bleus de Katryn, tandis que Jared posait plusieurs questions au médecin. L'esprit de Katryn était ailleurs, imaginant son avenir avec ce petit être qui se développait tranquillement dans son ventre, rêvant son visage et leurs ressemblances et différences. Son coeur se remplissait d'amour pour cet enfant qui n'était pas encore là, et elle eut soudain hâte de voir son ventre s'arrondir, puis de pouvoir tenir son bébé dans ses bras.

    A la fin de la consultation, le docteur Taylor les rassura sur l'état actuel du bébé qui se développait normalement, et leur donna la date estimée de la conception, qui s'avérait être antérieure à celle où Jared avait parlé de son envie d'enfant. Cela surprit les futurs parents, mais les ravirent davantage. Katryn remarqua alors deux photos posées sur le bureau de son médecin. Sur l'une d'elles posait une grande femme blonde aux yeux noirs, qu'elle supposa aussitôt être l'épouse du docteur. Sur la deuxième, il y avait une adolescente aux longs cheveux bruns et aux grands verts, identiques à ceux du médecin, et un petit garçon qui ressemblait beaucoup à la jeune fille.

    -Ce sont vos enfants ? Demanda-t-elle distraitement, avant de se rendre compte de son indiscrétion, pour laquelle elle s'excusa aussitôt. 

    -Cela ne fait rien. Assura aussitôt le médecin en souriant d'amusement. Et oui, ce sont mes enfants, Kelsea et Lee. La grande a 15ans, et le petit 8. 

    -Ils vous ressemblent beaucoup. 

    -A ce qu'il parait. S'amusa une nouvelle fois le docteur Taylor, avant de dire au revoir à sa patiente et à son époux. 

     

    *   *   * 

     

    Quelques jours plus tard, le 24 décembre, Katryn était dans la cuisine en compagnie de sa soeur qui l'aidait à préparer le diner. Comme chaque année, la jeune femme avait invité ses beaux-parents à venir passer le réveillon, mais ignorait si Jared pourrait se libérer pour se joindre à eux. Ne souhaitant pas y penser, la jeune femme préférait parler de sa toute première échographie à Ophélie, qui s'avérait être plus enthousiaste à l'idée de devenir tante que le jour où elle a appris la grossesse de sa soeur. Elle voyait bien qu'elle était heureuse, et c'était tout ce qui lui importait. 

    -Et sinon, comment cela se passe avec ton Curtis ? Interrogea innocemment Katryn, comme si de rien n'était. 

    -Bah bien... Normal quoi ! Répondit vaguement la jeune rousse, un peu gênée de parler de lui. Il est rentré chez lui pour passer les vacances de Noël avec ses parents. Mais cela ne l'empêche de me harceler de SMS ! 

    -J'ai cru remarquer ! Faudra que tu me le présentes ce charmant jeune homme ! 

    -Tu devrais l'adorer !

    -Mais il ne te force pas au moins ... ? S'inquiéta subitement Katryn, en scrutant nerveusement sa petite soeur. 

    -Kat !!!! S'écria en réponse Ophélie, ne souhaitant absolument pas aborder ce sujet avec sa soeur. 

    A ce moment là, la porte d'entrée s'ouvrit et Jared entra dans la cuisine pour embrasser son épouse et saluer sa belle soeur. Cette dernière marmonna quelques mots, baragouinant que pour une fois il s'était souvenu qu'il avait une famille, avant de sortir précipitemment de la pièce.

    -Il faudra un jour que l'on m'explique ce qu'elle a contre moi. Soupira alors Jared dans un haussement d'épaules, ne comprenant pas pourquoi Ophélie ne l'appréciait que très peu, cherchant à passer le moins de temps possible avec lui. 

    -Je l'ignore. Lui répondit alors Katryn. Mais son copain est rentré chez lui pour les vacances, il doit certainement beaucoup lui manquer. 

    -Elle ne m'appréciait déjà pas avant d'avoir un copain, mais bon, d'un côté, tu as peut-être raison. Admit-il avant d'entreprendre d'aider son épouse en cuisine. 

     

     

     


    votre commentaire
  • 414

    414

    Au même moment, Rosalie se réjouissait de passer le réveillon de Noël en compagnie de son frère ainé. Comme chaque année, elle est venue en avance pour passer le plus de temps possible avec lui. Elle soupira de déception en ne découvrant aucune décoration de Noël, et se retint de rire lorsque Carson refusa catégoriquement qu'elle vienne l'aide en cuisine. 

    Son frère n'avait jamais été doué en décoration, et depuis qu'il n'était plus avec Eleonore, il avait complètement délaissé cette partie des fêtes. Cela ne l'intéressait pas. Il n'avait pas besoin de guirlandes, de sapin ou de boules de Noël pour apprécier ces instants privilégiers en famille. Au contraire, Rosalie adorait les décorations, mais elle aimait encore plus son frère et préférait passer son temps avec lui qu'à refaire la décoration de sa maison. Comme chaque année, elle ne repartirait que le lendemain en début d'après-midi, mais chaque minute était aussi préciseuse qu'un diament. 

    Et pour cause, Noël était l'une des seules périodes de l'année où elle avait l'occasion de voir son frère véritablement heureux. 


    votre commentaire
  • 415

    415

    Noël était l'une des seules périodes où ils pouvaient passer un long moment ensemble, entre frère et soeur, en famille. Où ils pouvaient se rappeler du passé avec bonheur et légèreté, dans la joie et la bonne humeur. Un moment où Carson pouvait enfin prendre le temps de faire la cuisine pour quelqu'un d'autre, reproduisant avec un plaisir non dissimulé les recettes de famille.

    Carson avait toujours eu un talent inné pour la cuisine, passant des heures à observer sa mère faire à manger lorsqu'il était enfant, et au décès de leur mère, il avait tout naturellement hérité de ses recettes. Rosalie n'a jamais été un cordon bleu, et ne les avait jamais réclamé. A raison d'ailleurs, car son frère savait parfaitement sublimer cet héritage. Pas seulement sur un plan gustatif, puisque Rosalie prenait plaisir à voir le visage de son ainé s'illuminer à chaquefois qu'il était derrière les fourneaux. Carson avait perdu beaucoup de choses ces dernières années, sauf sa grande passion pour la cuisine qui se trouvait être sa principale source de bonheur. 

     

     


    votre commentaire
  • 416

    416

    Chaque année, Rosalie avait l'impression de retrouver son frère d'avant au moment de Noël. Carson était de nouveau joyeux, riant et plaisantant tout en étant derrière ses casseroles. Son humeur au beau fixe réchauffait l'ambiance, créant une petite bulle de simple bonheur dont elle était bénéficiaire. Parfois même, elle avait l'impression de retrouver l'ambiance de quand ils étaient enfants, où toute la famille était réunie. Noël était la seule période de l'année où leur père était présent, où ils formaient véritablement une famille, et malgré qu'il affirmait le contraire, Carson chérissait toujours cette fête pour cette unique raison, bien qu'aujourd'hui, il ne fêtait Noël qu'avec sa soeur. Une habitude qu'il avait pris facilement, leur père ayant pris celle de ne plus fêter Noël depuis la disparition de Gary. 

    -Tu te souviens de la fois où tu as voulu aider Maman en cuisine, et que tu as fait renverser toute la sauce sur le nouveau tapis de Papa pendant qu'elle avait le dos tourné ? S'exclama subitement la jeune femme, amusée par ce souvenir. 

    -Bien sûr ! Papa avait gueulé pendant des semaines pour son tapis ! Pourtant, il avait mis un mois avant de s'en rendre compte, Maman ayant essayé de cacher ma bêtise. Elle disait que c'était pas grave. Confirma Carson avec un sourire amusé. 

    -Maman te disait vraiment amen à tout ! Sale chouchou ! 

    -Maman n'avait pas de chouchou. Même quand Gary était encore avec nous, elle nous aimait tous autant. Même si elle faisait plus attention à lui, elle nous aimait tous de la même manière. 

    -Je m'en doute, même si je n'ai pas beaucoup de souvenirs de cette époque... Soupira Rosalie, avant de se reprendre pour ne pas gâcher la soirée. Carson lui sourit alors, et se pencha par dessus le comptoire pour déposer un baiser sur la joue de sa soeur, comme pour montrer que lui était là et qu'il serait toujours là. 

    Soudain, quelqu'un sonna à la porte, les faisant sursauter. Carson fronça les sourcils, n'attendant strictement personne. Déjà agacé par cette interruption, il se déplaça tout de même pour aller ouvrir, dans l'unique but de réprimender son visiteur surprise. 


    votre commentaire
  • 417

    417

    Mais en ouvrant la porte, il eut la surprise de trouver Andie en face de chez lui, toute souriante et sortant visiblement d'une longue journée de travail. Etonné de la trouver ici alors qu'elle n'avait jamais fait mention d'une quelconque soirée de prévu ce soir-là, il ne sut absolument pas quoi dire. 

    -Surprise ! Je me suis dit qu'un peu de compagnie le soir de Noël ne te déplairait pas ! S'exclama-t-elle joyeusement, sa voix montant terriblement dans les aigus, faisant ainsi grincer des dents le jeune homme. Elle n'était absolument pas prévue, et il n'avait pas l'intention de la laisser squatter sa soirée de Noël. 

    Pour unique réaction, il l'incita à reculer sans cacher son mécontemment, et ferma aussitôt la porte derrière lui pour éviter que sa soeur n'entende leur conversation. 

     

     


    votre commentaire