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    Carson ne dit rien, et se contenta de rapprocher la chaise pour ensuite aider la jeune femme à s'installer dessus. Elle le gratifia d'un sourire reconnaissant, avant de se replier sur elle-même tellement que son ventre était douloureux. Carson la regarda avec inquiétude, sachant très bien que sa patronne intériorisait ses sentiments et émotions habituellement afin de paraître forte devant ses employés. Il tenta de se renseigner, mais elle l'envoya aussitôt paître, ne souhaitant pas lui déballer sa vie privée. Elle fronça les sourcils, et réfléchit quelques instants.

    -Pardonnez mon indiscrétion, mais est-ce que vous êtes enceinte ? Demanda-t-il, la boule au ventre, craignant pour elle que son hypothèse soit juste. 

    Aussitôt, elle jeta un regard à la fois interloqué et agacée, ne comprenant pas où il voulait en venir et irritée par sa curiosité déplacée.   

     

     


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    -Je ne vois pas en quoi cela vous regarde ! Rétorqua-t-elle alors, confirmant d'une certaine manière les doutes du jeune homme. 

    Dès lors, elle capta le regard désolé de son interlocuteur. Il semblait savoir quelque chose, avoir comprit quelque chose, être à l'opposé d'elle qui était complètement perdue. Elle mit aussitôt à stresser, inquiète de ce regard, que Carson n'avait pas pour habitude d'avoir. Généralement, il semblait indifférent à ce qui se passait autour de lui, il était voir qu'il montre une quelconque émotion. 

    -Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Si vous savez quelque chose, dites le moi, s'il vous plait... Soupira-t-elle, le coeur serré et ne pouvant plus retenir ses larmes. Elle craignait qu'il confirme ce qui l'effrayait tant. 

    -Avec mon ex, on essayait d'avoir un enfant, et... Elle est tombée enceinte à deux reprises mais malheureusement... Avoua-t-il un peu nerveux, ne sachant pas comment il devait annoncer qu'elle faisait, probablement, une fausse couche... 


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    Parler de son ex, s'est y repenser. Aussitôt, Carson se plongea tête baissée dans ses souvenirs, et revit le visage d'Eleonore ravagée par les larmes et une moue désolée et honteuse. Elle osait à peine le regarder dans les yeux quand elle est rentrée de chez le médecin. Il se souvint qu'elle avait pris rendez-vous en urgence, après avoir été prise de violentes douleurs au bas ventre la veille, mais il n'avait pas pu l'accompagner, le pauvre n'étant pas au mieux de sa forme et devant rester chez lui se reposer. Et lorsqu'il a vu les larmes de sa moitié, elle n'avait pas besoin de prononcer le moinre mot pour qu'il comprenne que ce qu'ils redoutaient s'était produit. 

    -Carson, je suis désolée, je ne comprends pas ce qui peut bien clocher chez moi mais... Marmonna-t-elle, penaude, se sentant fautive et s'accusant de tous les torts.

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    -Ce n'est pas grave. La rassura-t-il aussitôt, s'empressant de la prendre dans ses bras et de la serrer contre lui. Son estomac était noué, déçu de constater une nouvelle fois la terrible difficulté qu'ils avaient de faire un enfant. Mais il décida de ne rien montrer, voulant paraître fort afin de soutenir sa fiancée dans cette épreuve. La vie s'acharnait à leur mettre des bâtons dans les roues de leurs projets, mais il était bien décidé à ne pas se laisser abattre et à motiver Eleonore à faire de même. -La prochaine fois sera la bonne, j'en suis sûr ! Ajouta-t-il ensuite, voulant rester optimiste. 

    -Qu'est-ce qui cloche chez moi Carson ? Demanda la jeune femme, dépitée, terriblement déçue, triste et honteuse. Elle voulait à tout prix offrir un enfant à son homme, mais leurs essais se soldaient par des échecs qui étaient durs à encaisser pour elle. C'était la deuxième fois que je tombais enceinte, et deuxième fois que je fais une fausse couche ! Je dois avoir un mauvais karma, et le bon Dieu cherche à me punir en m'empêchant, en nous empêchant d'avoir un enfant ! 

    -Mais qu'est-ce que tu vas imaginer... Soupira le jeune homme. Tu es juste déçue que ça n'est pas marché, mais ça finira par marcher, crois-moi ! J'en suis sûr ! Nous sommes the couple, et un "the couple" peut toujours avoir des enfants, ne t'en fais pas ! Ce n'est pas parce que ça ne marche pas maintenant, que ça ne marchera pas plus tard !    

     


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    -Et si nous étions pas destinés à en avoir des enfants ? Persista Eleonore, nerveuse, plantant son regard noisette plein de larmes dans les yeux verts de son fiancé et homme de sa vie. 

    -T'as fini de dire n'importe quoi ? Nous n'avons eu pas de chance pour l'instant, mais la roue finira par tourner et ça ira mieux plus tard ! Si tu veux, plutôt que de s'entêter dans l'immédiat, nous pouvons faire une pause dans la conception de notre futur enfant, et nous concentrer plutôt sur notre mariage, qu'est-ce que tu en dis ? Proposa-t-il les yeux brillants, imaginant déjà sa moitié dans une magnifique robe blanche, une alliance à son doigt. 

    -Pourquoi pas. Sourit-elle, émue par l'attention dont il faisait preuve à son égard. Nous avons tout notre temps de toute façon. Admit-elle, pensive. 

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    -Voilà, tu as tout compris. Tu me sèches ces larmes maintenant ? Lui dit-il tout en effaçant les dernières larmes de ses pouces, avant de lui déposer un tendre baiser sur son front. Eleonore lui sourit, attendrit par ses attentions, mais toujours profondément déçue de ne pouvoir lui offrir ce dont il rêve tant : un fils. 

    -Tu penses vraiment que l'on y arrivera ? A faire un bébé ? Bredouilla-t-elle. 

    -J'en suis persuadé. Assura-t-il avec conviction, tandis que la jeune femme se perdit dans ses pensées... 

     

     


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    Carson revint brusquement à la réalité lorsqu'il croisa le regard de Katryn, qui semblait horrifiée et transmettant toute son inquiétude. Les larmes coulaient sans qu'elle ne puisse les retenir, et il se contenta de soupirer. Il ne souhaitait pas entrer dans les détails, et il songea simplement qu'elle avait compris ce qu'il avait voulu lui dire. 

    -Enfin bref, je pense que vous devriez appeler votre mari, et rentrer chez vous vous reposer... Si ça se trouve, ce n'est pas grand chose et ça passera tout seul avec un peu de repos. Proposa-t-il dans un haussement d'épaules, ne voulant pas inquiéter davantage son interlocutrice. 

    -Je... je dois déjeuner avec ma soeur et puis... 

    -Je m'occupe de tout, et je préviendrai Océane de votre départ, ce n'est pas un problème. Assura-t-il tout en se levant pour aller chercher une boisson chaude pour la jeune femme terrifiée, afin d'essayer de l'apaiser un minimum. Ce n'était certainement pas le meilleur moment pour elle de stresser, et il fallait absolument qu'elle se détende.

    Plus tard, Ophélie arriva devant le bureau de Carson, et s'annonça à lui en affirmant que sa soeur devait l'attendre. Il lui demanda alors d'attendre et alla dans le bureau de sa patronne qui n'avait pas bougé de sa chaise, et qui ne se sentait pas tellement mieux. Il l'aida à se relever, et elle prit appuie contre lui lorsqu'il la guida vers la sortie de son bureau.

    -C'est normal que votre soeur ne porte pas le même nom que vous ? Je veux dire, son nom c'est Hannighan quelque chose, et vous, votre nom de famille est... 

    -Nous n'avons pas le même père, c'est tout. Soupira Katryn en réponse, n'étant pas suffisamment en forme pour s'offusquer de la curiosité déplacée de son employé. Elle n'en avait pas la force et préférait ne pas lui en tenir rigueur.

    Ophélie se précipita vers sa soeur lorsqu'elle la vit, terriblement inquiète pour elle. Sans lui demander son avis, elle la ramena aussitôt à la maison, et l'aida à monter dans sa chambre pour qu'elle puisse s'allonger. Katryn ne cessa de bougonner, d'assurer qu'elle allait bien, mais sa soeur ne l'écouta pas, et s'empressa ensuite d'appeler Jared pour l'informer avec inquiétude de l'état de santé de Katryn. Mais malheureusement, elle ne parvint pas à le joindre, et se contenta de laisser un message auprès de sa secrétaire, ainsi que sur sa messagerie. Elle était perdue, et ne savait pas quoi faire pour soulager sa soeur.

    Le temps passa, l'après-midi défila sans que Jared ne manifeste au grand agacement d'Ophélie, qui ne cessait d'essayer de le joindre. Quant à Katryn, elle préféra ne pas y faire attention, pleurant silencieusement sur son lit. Elle n'avait pas besoin de lui pour comprendre ce qui lui arrivait. Elle venait d'aller au toilette, et elle avait deviné. 

    C'était fini. Elle avait perdu le bébé... 

     

    *    *    * 

     

    Dehors. Ses parents l'avaient obligé d'aller dehors et de sortir. Lizzie peinait à en croire ses oreilles, et s'obstina à rester devant la porte les bras croisés, boudant comme une enfant. Ils voulaient qu'elle sorte, qu'elle fasse autre chose que de rester enfermée dans sa chambre et broyer du noir. Il fallait qu'elle prenne l'air, elle en avait besoin. Elle soupira d'agacement, puis s'éloigna tout de même de sa maison pour se balader un peu. Elle observa les gens dans la rue, qui se baladaient et vivaient dans l'insouciance, se préoccupant gentiment de leur vie, et elle tourna rapidement en rond sans savoir quoi faire. Elle ne pouvait pas aller voir Curtis et ses amis, sachant très bien qu'ils étaient tous rentrer dans leur village. Elle soupira tout en s'asseyant sur un banc, observant le ciel, réfléchissant à ce qu'elle pourrait bien faire de son après-midi. Soudain, son téléphone vibra dans sa poche, et elle s'empressa de le sortir, pour se sentir aussitôt honteuse. Elle venait de recevoir un message de son meilleur ami, et elle s'en voulut de ne pas avoir pensé à lui. Il a toujours été là pour elle, Alaric se trouve être un ami exemplaire, et elle le délaisse sans vraiment s'en rendre compte au profit de personnes plus âgées, qui la connaissent à peine. Elle comprit qu'elle faisait les même erreurs avec lui qu'elle avait fait avec Emma, et décida subitement de se corriger. Elle avait perdu sa meilleure amie, et il était tout bonnement hors de question qu'elle perde Alaric aussi. Elle se dépêcha de l'appeler, pour ensuite lui proposer d'aller voir un film au cinéma en ville. "Comme au bon vieux temps !", qu'elle conclura sa proposition, au plus grand plaisir de son ami d'enfance.

     

     


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