• 458

    458

    Aiden haussa un sourcil interloqué, un peu surpris par la réponse de la jeune femme si bien qu'il ne sut pas quoi ajouter. Il se devait d'admettre qu'elle n'avait pas tort, mais il était étonné d'une telle réaction. La plupart des victimes ou leur famille suivaient avec assiduité les informations, les appelaient pour plus de détails n'ayant qu'une hâte : que justice soit faite afin qu'elles puissent enfin passer à autre chose. Tous savaient que cela ne changerait pas les faits, mais l'idée que l'agresseur soit puni pour ses crimes pouvait grandement les aider à reprendre une vie aussi normale que possible.

    Or, Océane Mimosa n'a jamais essayé d'en savoir plus sur l'enquête dirigée par lui et son coéquipier, Austin Fadmer. Elle vivait sa vie dans son coin, et ne posait pas de questions aux enquêteurs qui la contactaient. La jeune femme affichait un désintérêt quant à l'affaire, comme si elle n'était pas concernée. Cela surprenait le jeune homme, mais il décida de s'abstenir de commentaire, jugeant qu'elle pouvait bien gérer la situation comme elle le souhaitait. 

    Puis, son regard se trouva attirer par le ventre de la demoiselle. Des rondeurs de la grossesse commençaient à apparaître, et il ne put s'empêcher d'afficher un sourire attendri par cette vision. 

    -Je vois que votre grossesse commence à se voir. Comment se porte le bébé ? Demanda-t-il alors, le regard toujours dirigé vers le ventre d'Océane, imaginant le foetus entrain de se développer tranquillement et à l'abri de tout soucis à l'intérieur. 

     

     


    votre commentaire
  • 459

    459

    A peine a-t-il posé sa question qu'Océane grimaça aussitôt. Elle se demandait justement quand est-ce qu'il allait s'intéresser à cet enfant qu'elle attendait, à quel moment il allait lui poser une question sur lui. Agacée, la jeune femme comprit que la tenir au courant de l'enquête n'était qu'un simple prétexte, juste pour pouvoir l'interroger sur l'enfant du Chasseur. L'unique preuve que les policiers avaient, l'enfant possédant la moitié de l'ADN du criminel tant recherché étant la seule et plus grosse piste qu'ils possédaient. Fait qui énervait la jeune femme qui ne pouvait plus cacher sa colère. 

    -Allez vous faire voir. Répliqua-t-elle aussitôt, à la grande surprise de son interlocuteur. J'en ai assez que vous, et vos collègues, ne voyez en mon bébé qu'un bout d'ADN sur pattes, une jolie preuve servie sur un plateau d'argent pour arrêter votre cher Chasseur de merde qui doit bien se marrer en ce moment de vous faire tourner en bourrique ! J'en ai assez de votre hypocrisie de merde ! Vous faites comme si vous vous inquiétez pour moi alors que seul l'ADN de mon bébé vous intéresse ! Il n'y a que ça qui compte pour vous ! Arrêter ce putain de Chasseur de merde ! 

    -Je... Je n'y avais même plus pensé... Bredouilla Aiden, sincèrement surpris par l'agacement de la jeune femme. En effet, il avait oublié l'espace d'un instant que le Chasseur était le géniteur de l'enfant, et n'avait vu seulement le bébé lorsqu'il regardait le ventre légèrement rond d'Océane puis posé sa question. Il avait toujours adoré les enfants, et il avait souvent qu'il ne pense plus à son statut de force de l'ordre lorsqu'il était en contact plus ou moins direct avec eux. Un fait qu'il confia aussitôt à la jeune femme avant d'ajouter, je voulais simplement savoir si le bébé était en bonne santé, et vous aussi. Je sais que mes collègues le voient comme une sorte d'indice miraculeuse, mais ce n'est pas vraiment mon cas. L'important, c'est que lui, et vous bien évidemment, soyez en bonne santé. Le reste ne passe qu'en second, voire troisième, plan. Mais je suis désolé si ma question vous a offensé, et je peux comprendre votre agacement. 

     

     


    votre commentaire
  • 460

    460

    Océane en fut bouche-bée, ne sachant absolument plus où se mettre. Elle se sentit soudain honteuse d'avoir réagi aussi rapidement, et aussi injustement à son égard. Il agissait par simple sympathie avec elle, et la jeune femme voyait bien qu'il était sincère dans ses paroles. Qu'il s'intéresse véritablement à elle la toucha profondément, mais elle était terriblement gênée d'avoir réagi au quart de tour. 

    -Oh je, je... Bredouilla Océane, confuse et embarrassée. Euh, merci... Je... Et bien, il va très bien, il n'y a pas de problème particulier, tout va bien... 

    -Tant mieux. Se contente-t-il de répondre tout en souriant. C'est important qu'il aille bien. Après tout, il représente l'avenir !

    -Je suis désolée de m'être emportée alors que, que vous ... 

    -Ce n'est pas grave, je comprends. Assura Aiden avec gentillesse et compréhension. Vous travaillez aujourd'hui ? Vous voulez que je vous dépose ? Proposa-t-il naturellement, chose qu'Océane accepta après beaucoup d'hésitations, le faisant simplement patienter un peu, le temps qu'elle aille se changer en vitesse pour mettre quelque chose de plus convenable. 

     

     


    votre commentaire
  • 461

    461

    Au même moment, après beaucoup d'interrogations et d'hésitations, Katryn Meteyer arriva dans son agence matrimoniale. Son époux lui avait déconseillé d'aller travailler aujourd'hui, ainsi que sa soeur, mais elle a décidé de ne pas les écouter. Elle avait beau vouloir s'enterrer quelque part et laisser le temps et le monde l'oublier tout en continuant de pleurer et de se haïr, elle savait que ce n'était pas la meilleure des solutions. Il fallait qu'elle avance, qu'elle retrouve une vie normale et qu'elle essaie de penser à autre chose qu'à cet enfant qu'elle n'aura jamais. Alors elle s'était préparée et elle était partie. Une fois à destination, elle était restée un moment dans sa voiture, pour se préparer psychologiquement aux regards qui se poseront sur elle. Ses regards compréhensifs alors qu'en vérité, les propriétaires ne pouvaient pas savoir ce qu'elle pouvait bien vivre, ressentir. Cela lui donnait envie de vomir, mais elle décida de rester droite et fière, ignorant les gens qu'elle pouvait bien croiser. Elle était là dans l'unique but d'assurer son rôle, et non pour s'apitoyer sur son sort.

    Il fallait qu'elle avance.

    461

    Mais malgré sa résolution d'ignorer tous ses employés, elle fut bien obligée de saluer Carson lorsqu'elle se dirigeait vers son bureau. Elle était terriblement embarrassée de se retrouver face à lui. Lui le premier témoin de sa fausse couche. Lui qui avait constaté l'évidence et l'avait aidé du mieux qu'il avait pu. Elle ignorait si elle saurait affronter son regard à lui, celui qui devait être, sans doute, véritablement compréhensif à son égard. 

    Carson leva aussitôt la tête de son ordinateur lorsqu'elle le salua et il fut surpris de la voir se tenir devant lui. Il avait du mal à en croire ses yeux, pensant que sa patronne se serait offerte un congé d'une plus longue durée pour se remettre de sa fausse couche. 

     

     


    votre commentaire
  • 462

    462

    -Katryn ? Que faites-vous ici ? Lui demanda-t-il sous la surprise, tout en se levant nerveusement du bureau qu'il partageait avec Océane. Il ne savait pas quoi dire d'autres, et bien qu'il soit étonné, il était également inquiet. Il ne la connaissait que très peu, et il ignorait si le fait qu'elle revienne travailler aussi vite était une bonne chose ou non. Il savait les effets que pouvait avoir une fausse couche sur une femme, et il se faisait du soucis pour sa supérieure, bien plus qu'il ne l'aurait cru. 

    -A votre avis ? Soupira-t-elle en guise de réponse. Je viens travailler. Le travail, ce n'est pas ce qui manque ici. 

    -Certes, mais... Mais vous êtes sûre que vous allez bien ? Enfin suffisamment ? Je veux dire... Ne vous inquiétez pas pour nous si ... Enfin, avec Océane, nous gérons la situation, vous n'avez pas du soucis à vous faire. Prenez tout le temps dont vous avez besoin, il n'y a pas de problème de notre côté. Assura maladroitement le jeune homme, ne sachant pas quoi lui dire, craignant d'être trop familier et d'aller trop loin dans ses propos, tout en étant inquiet quant à l'état psychologique de Katryn. 

     

     

     


    votre commentaire