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    -A-adieu ? Répéta-t-il comme un idiot, une moue déconfite peint sur le visage. Plus les secondes passaient, plus il semblait réaliser ce qui était entrain de se passer, et cela ne lui plaisait pas du tout. Il était entrain de perdre une de ses meilleures amies, et cela le terrifiait. Il ignorait comment la retenir, ni même s'il en était seulement capable. Il était perdu, déboussolé et anéanti par son impuissance. 

    -Oui, car en partant je laisse tout derrière moi. Dès que j'aurais quitté Belderas, tu ne feras plus parti de ma vie. Tu devrais être content, tu n'auras plus à faire d'efforts et à marcher sur des oeufs avec moi. Railla la jeune fille avec dureté. Si je pars, ce n'est certainement pas pour avoir des résidus du passé qui me collent sans cesse pour me rappeler ce qui m'est arrivé. 

    -Mais, mais... Emma...

    -Mais je voulais tout de même te dire adieu avant de partir. Car toi, toi, tu as essayé d'être là. Alors tu as le droit à des adieux. Expliqua-t-elle, l'air ailleurs et sans montrer le moindre signe de sourire, comme si elle était un simple robot qui disait ce que l'on lui avait dicté. Ce n'est pas comme d'autres...  

    -Comment ça ? Réagit-il, se réveillant soudain face à ces mots vagues qui dissimulaient tant de choses. 

    -Comme Lizzie par exemple, qui avait tellement mieux à faire que de s'inquiéter une seconde pour sa soidisante meilleure amie ! Précisa Emma, acerbe, ne cachant pas sa rancune pour cette fille qui ne comptait absolument plus pour elle depuis son abandon.

    -Lizzie ? Mais elle s'inquiète pour son père ! Elle a appris il n'y a pas longtemps qu'elle n'était pas compatible. Tu la connais, elle... Tenta Alaric de défendre sa meilleure amie, et amour secret, ne croyant pas une seconde que Lizzie puisse être autre chose qu'une amie fidèle et loyale. 

     

     


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    -Mais arrête de la défendre, arrête ! Le coupa aussitôt Emma avec virulence, ne supportant pas, plus, l'aveuglement d'Alaric au sujet de la jeune Meyers. J'en ai rien à foutre de son père ! Il n'est pas agonisant, ni sur le billard et peu encore courir un marathon s'il le souhaite ! Alors que moi, moi j'avais besoin d'elle maintenant ! Et qu'elle n'a jamais été là ! Ouvre les yeux putain, et arrête de prendre tout le temps sa défense ! Tu me soûles ! 

    -Tu es juste en colère Emma, et il te faut un coupable... Essaya d'expliquer Alaric, refusant la possibilité d'une Lizzie coupable d'une quelconque faute. Pour lui, Lizzie ne pourrait être capable volontairement de laisser sa meilleure amie sur le bord de la route, et il est certain qu'elle avait une bonne raison pour s'être montrée absente ! Lizzie a forcément ses raisons pour être restée dans le silence et... 

    -Tu es bouché ou quoi ? Je t'ai dis d'arrêter de prendre sa défense ! Lizzie est une égoïste qui ne pense qu'à sa gueule ! Cria-t-elle, laissant enfin sa colère s'exprimer contre son meilleur ami. Elle ne supportait plus sa loyauté et sa bêtise qui confirmait sans cesse l'expression comme quoi l'amour rendrait aveugle. Alaric en était l'illustration parfaite, et cela la mettait hors d'elle. Elle en a rien à foutre de nous, et on passera toujours au second plan, quoiqu'il arrive ! Ouvre les yeux ! Lizzie en a rien à foutre de toi ! 

     

     


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    -Hein ? Que... Quoi ? Bafouilla le jeune homme, craignant de saisir correctement le sous-entendu de son amie qui était au bord de l'explosion. 

    -Pauvre idiot, tout le monde sait que tu es amoureux de Lizzie ! Sauf elle qui est trop occupée à regarder son nombril et à trainer avec ses potes étudiants pour se rendre compte de l'évidence, bien entendu ! Confirma-t-elle ses doutes et peurs. Alaric se mordit la lèvre inférieure, essayant de se persuader que les mots de son amie n'étaient que le fruit de la colère. -Mais si tu veux un conseil, ajouta-t-elle ensuite tout en le fusillant du regard comprenant bien ce qu'il essayait de faire, ouvre les yeux sur son compte et oublie la ! Tu n'as aucune chance avec elle, Lizzie ne s'intéressera jamais à toi ! Tu es juste un gentil toutou qui est là quand elle a besoin de toi ! Tout ce que tu gagneras en continuant d'espérer, c'est de finir en petits bouts ! 

    -Tu.. Tu exagères ... 

    -Pense ce que tu veux, je m'en fous. Conclut-elle dans un soupir agacée. Bref, je m'en vais. Adieu Alaric, et je te souhaite malgré tout tout le bonheur du monde. Dit-elle sans la moindre chaleur, tout en quittant défintiviment sa chambre sans même lui laisser le temps d'ajouter quoique ce soit. 

     

     


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    Alaric resta figé de stupéfaction pendant de longues minutes après le départ de son amie. Il ne réalisait pas qu'elle avait pu tenir des propos aussi durs envers, contre Lizzie, que c'était la dernière fois qu'il la voyait... Il ne pouvait l'accepter, y croire, l'admettre. Il avait l'impression d'être en plein cauchemar. 

    Cependant, il revint rapidement à la réalité, comprenant soudain qu'Emma n'avait absolument pas l'intention d'aller voir Lizzie. La jeune fille allait partir sans même dire au revoir à sa meilleure amie, et cela paraissait inconcevable aux yeux du jeune homme. Face à cette constation, il sortir rapidement son téléphone portable, conscient qu'il risquait de s'attirer les foudres d'Emma, puis envoya un SMS à sa meilleure amie afin de la prévenir du départ imminent de leur amie commune. Pour rien au monde il souhaitait que Lizzie ait des regrets après le départ de sa meilleure amie, malgré les affirmations cinglantes de cette dernière. 

     

     


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    Deux heures plus tard, Lizzie Meyers termina enfin sa journée de cours, épuisée par le nombre d'heures qu'elle venait subir en ce jour le plus lourd de la semaine. Elle prit tranquillement le bus pour rentrer chez elle tout en écoutant de la musique sur son MP3, se perdant dans ses pensées et regrettant de ne pas pouvoir se rendre chez ses amis étudiants depuis l'incident. Alicia lui avait fait comprendre qu'elle n'avait pas sa place dans ce trio d'amis, qu'elle était de trop et l'adolescente n'avait pas envie de continuer à s'imposer dans leur vie. Mais ces moments chez eux lui manquaient, et elle respira un grand coup afin de se forcer à penser à autre chose. 

    Elle arriva enfin chez elle, dans sa grande maison déserte. Son père était parti passer des examens complémentaires et sa mère l'avait sans doute accompagné. Quant à son petit frère, il était sans doute chez sa tante Brooke entrain de jouer avec sa fille Tania. Elle soupira devant sa solitude, se dirigeant aussitôt vers sa chambre. Elle récupéra avec joie son téléphone portable oubliée le matin même sur son bureau, et vit rapidement qu'elle avait un message. 

    Et Lizzie Meyers quitta alors précipitemment sa maison, sans rien prendre avec elle, entamant une course folle où son coeur battait de peur et de panique. 

     

     


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